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Photo : Alain Monot


BERNARDO MONTET
Parcours 2C...
et O.More

Bernardo Montet a pris en juillet 2003 la direction du Centre Chorégraphique National de Tours. Cette nomination a mis un terme à la présence du chorégraphe au Quartz en tant qu'artiste associé (1999-2003). Le Festival de danse Les Antipodes 2004 sera donc l'occasion d'honorer l'œuvre de Bernardo et le développement des projets de l'Association Mawguerite à Brest. La prochaine création de Bernardo Montet, Parcours 2C (Vobiscum), prend pour point de départ les quatorze stations du Chemin de Croix du Christ. Elle réunit autour du chorégraphe, l'équipe qu'il avait formée pour mener à bien le projet O.More.


Dimanche 22 février, interview de Bernardo Montet après le marché
Il y a une telle effervescence...
Biographie
Parcours 2 C >>>
O.More >>>
A voir : Cris de Corps, le film de Céline Serrano sur la création d'O.More >>>


B. Montet : l'atmosphère des Antipodes 2004

"C'est assez particulier d'être dans un théâtre où il y a six créations en même temps. Il y a une telle effervescence... On croise des gens qui sont dans une activité intense. Il y a déjà cette sorte d'inquiétude positive. C'est assez troublant en tout cas d'être dans une maison où il n'y a que de la création. Je trouve ça plutôt fort, comme moment."

 

Biographie

Métis d'origine guyanaise et vietnamienne, Bernardo Montet a grandi entre l'Afrique et la France. Des origines mêlées qui trouvent à s'exprimer au travers de la danse. À Bordeaux, il se forme aux techniques classiques, puis il découvre la danse contemporaine à Paris où il s'initie aux techniques américaines. En 1979, il rencontre Catherine Diverrès et après avoir dansé dans différentes compagnies, fonde avec elle le Studio DM.

Ensemble, ils créent leur premier duo après un voyage au Japon où ils rejoignent Kazuo Ohno, l'un des fondateurs du butô. Son enseignement leur permet de trouver leur propre langue aux marges des courants dominants de l'époque. Cherchant à rompre avec les tendances les plus prégnantes du moment, influences classiques et modernes : expressionnisme allemand et postmoderne américaine, ils inventent un univers à la poésie crépusculaire, une danse d'une grande physicalité faite d'intensités et de ruptures.

En parallèle aux pièces créées avec Catherine Diverrès, Bernardo Montet continue son propre parcours qui prend appui sur des rencontres. En 1986, il rejoint François Verret le temps d'un duo, La chute de la maison de carton.

L'année suivante, il imagine un solo, Pain de singe, issu de ses échanges avec le cinéaste mexicain Téo Hernandez. Les collaborations du chorégraphe témoignent déjà de ses préoccupations artistiques. Chacun de ses gestes est porté par l'exigence et la radicalité d'un esprit de résistance. Au crépuscule ni pluie ni vent les fait entendre avec une puissance renouvelée. Ce solo créé en 1993 est nourri des thèmes qui hantent sa danse : travail sur l'identité et la mémoire, réflexion sur l'asservissement, la montée des extrémismes, l'exclusion. La puissance explosive de ses gestes est chargée d'une question première : comment casser la logique de la violence ?

Après avoir été codirecteur du Centre Chorégraphique de Rennes avec Catherine Diverrès, Bernardo Montet réunit une équipe et poursuit son propre travail en affinant tout ce qui touche à la conscience des corps. Avec une écriture qui gagne en sobriété et dénuement, il conduit tout d'abord sa réflexion sur le sentiment de vitalité, la rage de vivre : Opuscules (1995). Puis avec la complicité de Pierre Guyotat auteur et récitant dans Issê Timossé, il revient sur l'histoire du colonialisme et son tracé qui imprègne tacitement les consciences. Dans Ma Lov' réunissant des artistes israéliens dont la plasticienne Tamar Getter et le compositeur Eran Sur, il traite de la notion de territoire et des guerres qu'il provoque. Avec Dissection d'un homme armé, l'Afrique d'aujourd'hui contemple ses ruines en dévisageant le corps armé dont le chorégraphe dissèque les états jusqu'au plus simple dénuement, depuis la perte d'identité de l'individu jusqu'à la masse, l'anonymat du groupe.

Retenant de ses pairs la poésie comme résistance, Bernardo Montet continue de travailler à la croisée des langages en engageant son travail dans une collaboration avec Frédéric Fisbach. Sur une proposition du metteur en scène de Tokyo Notes, il signe à deux une pièce classique, Bérénice de Racine (février 2001).

En février 2002, Bernardo Montet créé O.More, pièce réalisée après différents stages et ateliers menés en Afrique et au Maroc et comprenant exclusivement des hommes. Ce spectacle est conçu aux limites du cadre de scène, selon un dispositif qui intègre des musiciens Gnawa et le public dans un champ de proximité et de partage d'expérience. Dans cette proposition, Bernardo Montet renoue de façon globale avec l'ensemble des questions qui sont au cœur de sa démarche. L'idée de la communauté, et du rapport à l'autre progresse dans sa capacité de lien. O.More agit dans le tissage de différentes écritures et prend appui sur certaines fonctions de la tradition pour rejoindre la création contemporaine, trouvant une force d'impact inédite dans l'expression de son propos grâce à la structure organique de sa composition.

En juillet 2003, Bernardo Montet succède à Daniel Larrieu à la direction du Centre chorégraphique national de Tours et dans ce cadre crée une nouvelle création Parcours 2C (Vobiscum) qui sera présentée du 24 au 28 février 2004 au Quartz de Brest dans le cadre du Festival Les Antipodes.



   
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