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AU QUARTZ
Daniel Askill, Yolande Zauberman, les étudiants
de “l’atelier de recherche etats du corps“ de l'ESAB


AU CENTRE D'ART PASSERELLE
Katrin Lock / Tim Brotherton, Discoteca Flaming Star,
Francesco Finizio

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ARCHIVES

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SHOWROOMDUMMIES
Étienne Bideau Rey / Gisèle Vienne

ETERNELLE IDOLE
Gisèle Vienne

SYLPHIDES
Cecilia Bengolea / François Chaignaud

AUSSI BIEN QUE TON CŒUR OUVRE MOI LES GENOUX
François Chaignaud

TEACH US TO OUTGROW OUR MADNESS
Erna Ómarsdóttir

CIBLE DE DIEU
Jacques Poulin-Denis

ANA FINTIZARAK
Yalda Younes / Yasmine Hamdan

JE BAISE LES YEUX
Gaëlle Bourges

I HAVE A DREAM
Gaspard Delanoë

NOUSTUBE#2
Jörg Müller

ROJO
Marta Izquierdo Muñoz / Norico Sunayama

BITTER SUGAR
Raphaëlle Delaunay

JE ME SOUVIENS
Raimund Hoghe

CHANDELIER
Steven Cohen

PONI Collectif

DJ GRAZZHOPPA’S DJ BIGBAND

DUETT #2 (CR-MILK-LALA)
Discoteca Flaming Star

WHILE GOING TO A CONDITION et ACCUMULATED LAYOUT
Hiroaki Umeda

SELF&OTHERS
Alain Buffard

RETROSPECTIVE EXHIBITIONIST
Miguel Gutierrez

COMEDY
Nasser Martin-Gousset

GUSTAVIA
Mathilde Monnier & La Ribot

THE RED LETTER
Asha Thomas

MY SPACE
Olivia Grandville




Chroniques d'une spectatrice assidue sous forme de livre de bord : anecdotes, ressentis, humeurs, émotions, réflexions... Au gré des rencontres avec les artistes et au fil des représentations, Martine Poupon, immergée volontaire dans le festival 2009 des arts indisciplinaires, nous livre ses impressions de voyage...


Questionnaire
Asha Thomas / THE RED LETTER / BITTER SUGAR

- What country do you feel you come from ?
USA... where everybody can be anithing.
- What generation do you relate to the most ?
Well, I am a part of what we call “ Generation X ” in the U.S.
- What is your background, where did you stay ?
My personal background is rooted in the south of the U.S.
I was born in South Carolina and raised in Atlanta, Georgia.
I am a southern girl at heart. Dancewise, I started with ballet for many years and then I added modern and jazz. I am also influenced by many others kinds of “ social ” dances.
I love samba. I love to watch flamenco. I love hip hop... There are a lot of things that influence me.
- What makes you dance ?
Good music, seeing others dance, or just when the spirit moves me.
- Where do you dance, where do you perform ?
I normally perform in theatres... but I also love to dance at home by myself.
- Where would you like to perform ?
I’d like to perform in Brazil. Do’s one country that I’ve never been to.
- When you were a child, what were you dreaming you’d become ?
A danceur-singer. I also thought I’d have a dance school... even with a little school bus.
- Do you know or did you know “ un briseur de rêve ” ?
No.
- What is your oldest dance memory ?
Dancing oustage with my glasses on when I was little.
I think it was a ballet dance about ice-skating.
- How would you describe your performance in just a few words ?
Honest.


Proust questionnaire
Asha Thomas / THE RED LETTER / BITTER SUGAR

- Your favorite virtue ?mp
Being true to yourself (at all costs).
- Your favorite qualities in a man ?
The balance of strength and tenderness, the willingness to protect.
- Your favorite qualities in a woman ?
Fearlessness and selflessness... Sensuality and softness.
- Your main quality ?
Adaptability.
- Your main fault ?
Caring too much what others think, trying to please everyone.
- Your favorite activity ?
I like to sing at home by myself.
- If not yourself, who would you be ?
Me without my insecurities !
- Where would you like to live ?
I‘d like to have a few homes all over the world ! Paris, New York City and the caribbean...
- Your favorite colour ?
Dark blue/Indigo.
- Your favorite writer ?
Jhumpa Lahiri.
- Your favorite painter ?
I like many of the impressionists... Rodin is my favorite sculptor.
- Your favorite heroes in real life ?
I think Michelle Obama is one classy lady.
- What you hate the most ?
Stereotypes, mean spirited people, people who don’t pick up after their dogs.
- The natural talent you would like to be gifted with ?
Cooking.
- If God exist, what would you like to tell him after your death ?
Thank you for each and every moment.



Chroniques/Billets d’humeur-Ma traversée d’Antipodes...

anecdote [ anegdote ] n.f. Bref récit d’un fait curieux, parfois historique, révélateur d’un détail significatif. - Lat. anecdota (surtout pl.) ; gr. anekdota, “ choses inédites ” ; 1751 ; titre de recueil fin XVIIIe. anecdotique [ anegdotik ] adj. Qui s’attache à l’anecdote. - Qui contient des anecdotes. Histoire anecdotique. - De anecdote ; 1781

Je fais un rêve...
Un lieu magique, plutôt paradisiaque.
Un monde où l’on croise des personnages étonnants.
Des humains.
Généreux, intelligents (mais n’est-ce pas un pléonasme) et très professionnels.
Des artistes plaisants et talentueux.
Un restaurant aux milles étoiles. À l’image, d’Amina, son regard profond, fenêtre de sa bonté.
Ces plats d’un raffinement extrême.
Cuisinés, présentés, servis par Pierre, Sandrine, Aurélia et Maria.
Des couloirs labyrinthiques, loin des crapauds et des grenouilles des temps modernes,
qui remplacent les princes et les princesses charmants de nos contes !
À part une ou deux exceptions ?!
Tout ce verbiage est un peu cul-cul la pralinoche mais tant pis !
Un lieu, un festival, au sein desquels j’ai le grand plaisir d’exister.

Merci
Bien à vous

Martine Poupon-Le Meur
martine.poupon.m@orange.fr


Mercredi 18/02
15h50
BITTER SUGAR de Raphaëlle Delaunay, avec Asha Thomas

Merci à Raphaëlle et Asha, d’accepter ma présence à cette puissante répétition.
Quelqu’un m’a dit que c’était exceptionnel... !

Ambiance feutrée. Écrin de beautés. Stage is white. Around is black. Je voyage à travers la bande son de Pierre Boscheron, l’électroacousticien. Les samples. Une sirène de bateau. Et cette musique, qui m'entraîne à me lever de mon fauteuil... Jazz, mélanges d'âmes noires. SWING, le vent libertaire des garçonnes. I am swinging my beat !
Elles ne dansent pas, elles respirent, elles vivent ! Complémentaires.
Asha est Joséphine Baker ! Leurs jambes interminables !
Elles quittent déjà la scène... J’en veux encore !
Elles laissent derrière elles, leur magnifique paire de chaussures respective.

En sortant de “La Méridienne”, je croise Raphaëlle :
- Je vous ai vu swinguer !
- Je ne peux pas m’en empêcher !


Vendredi 20/02
18h
CIBLE DE DIEU de Jacques Poulin-Denis

C’est la générale.
Jacques a dit, c’est une chrysalide suspensive.

Marie-Eve Pageau est aux éclairages et gère la bande son.

Deux plasticiens, Marc et Emma, explorent le modèle vivant.

- OK !
Lance, Jacques.

- Mikaël Roumannoff fut le premier à traverser les chutes du Niagara, sur un fil de fer !

- Ya quelqu’un dans la salle que je ne m’attendais pas à voir !

- L'essentiel, ce n’est pas d’atteindre l’équilibre,
c’est d’apprendre à ne pas se glisser dans le déséquilibre !

“ La lettre, à Élise ”, en boucle...
Je suis scotchée par sa prestation. Je ne sais plus s’il joue. Si ce qu’il clame fait partie
présente du texte ou s’il se vautre, se répand sur le plancher, magnifiquement.

Plus de son... !

- Ya un problème technique !
Dit la voix de Marie-Eve, en haut, à la console.

C’est le cahot.
Face à lui-même, Jacques est époustouflant !
En toute franchise. Et cet accent québécois !

Les crayons et pastels des dessinateurs crissent sur les aplats blancs.
Dans le noir, sur les gradins.

Patricia, Élisabeth, Madelaine, Dominique et Hélène quittent la salle, émues.
Un parfum ambré flotte dans l’air.
C’est le patchouli d’Aude, la régisseuse du plateau.
Bonjour, Jocelyn l’éclairagiste et Ronan le technicien du son !
Mélanie Demers, et autres amis de Jacques et Marie-Eve sont présents.
Un échange s’instaure. Pauline, Marie-Linda... Nous admirons les travaux des plasticiens.
Salut les Canadiens !


Jeudi 26/02
15h30
HALF LIVE
Une exposition des étudiants de “L’Atelier de recherche ETATS DU CORPS”

Les étudiants dans les “ starting-block ” s’activent nerveusement. Ils disposent tous
les éléments relatifs à la première de leur installation, prévue à17h.
Ces petites bêtes là donnent dans le “peaufinage“ !
Ce sont des espèces, de sortes, de styles, de genres, d’essence de fourmis !

Un blouson blanc est exposé sur le dossier d’une chaise...
Il est en papier de riz, je pense... enfin de Chine, d’une finesse absolue.
Je découvre des incrustations de photos en transparence.
L’artiste, originaire, d’Asie me dévoile sa démarche créative, en français.
Hélas je n’interprète pas tout.
Je ne connaîtrais pas son nom... Au même moment, une autre
étudiante, asiatique elle aussi, vêtue d’une robe grenat, trempe un tissu dans un récipient cubique. Il est rempli au quart, de lait ou de peinture blanche diluée à l’eau.
Il dissimule une chaussure d’homme de même couleur.
Elle fait glisser le tissu sur son avant-bras gauche, pour une toilette lactée.
Cléopâtre doit se retourner dans son sarcophage ! Verte de jalousie !

Son regard est noir de chez noir et... oh, elle fronce les sourcilles !
Je m'éclipse ! Ma présence perturbe leur espace-temps...

Je croise à nouveau Kwangsook Kim, délicate coréenne au blouson blanc, qu’elle a intitulé
“ L’insoutenable gravité des souvenirs ”.
Styliste, poète, vidéastoprojectionniste, Mademoiselle excelle !


15h30
ÉTERNELLE IDOLE de Gisèle Vienne
Patinoire Rïnkla Stadium à Brest


Des petites filles aux perruques brunes, lisses et longues surgissent de nulle part !
Arborant une tenue d’écolière anglo-saxonne, kilt rouge et blazer bleu marine, elles me disent bonjour poliment.
Un petit hockeyeur trapu au visage poupin, portant un tee shirt “Père dodu”, traverse le hall d’entrée.
Hervé, aiguilleur de l’accueil public, coach, manage, organise... Sans oublier de sourire !
Au talkie-walkie...
- Allô la régie ? Tu réagis ?!
Entrée dans la salle de glace.
Il fait évidement très frisquet, je dirais même plus ça pèle grave !
Des piles de couvertures en laine bleu foncé, pliées au carré, genre marine nationale,
attendent sagement les frileux.

Derniers spécimens de la race :

Fumigènes, musique stridente et soufflerie...
Un playmobil lisseur de glace, juché sur sa machine, tournicote sur la plaque givrée.
Une patineuse toute de blanc vêtue, dessine des arcs de beauté avec force et élégance,
dans la lumière diaphane. Laisse des ineffaçables traces sur l'âme profondément ébranlée.
Cérémonial... Son des orgues, lancinant, dérangeant, grave et triste.
L'écho d’un piano vibre.
Elle croisera un homme sur une patinette, les écolières main dans la main, des hockeyeurs raclant leur batte, une pom-pom girl en cage en haut des gradins.
Dans la fumée aux allures de nuages où l’on décèle les couleurs du prisme.
Un air enfantin s’égrène, telle une boîte à musique accrochée au-dessus d’un berceau.
Elle est la belle, lui la bête.
La patineuse s’évanouit dans les bras du monstre aux doigts crochus et aux longues dents ;
Ne se sauve pas grâce à l’ovni de “Rencontre du 3è type“ !
C’était très esthétique, poétique ? Tique tique tique... !

Ya quelqu’un qui m’a dit... que... la création de Gisèle Vienne était beaucoup moins trash et poétique qu’à l'accoutumée.
Un autre, que c’était au-delà de tout ce qu’elle avait fait.
Une troisième, qu’elle avait sorti ses poupées.

En candide du festival, je découvrais ce jour-là, le travail de Gisèle Vienne.
Perfectionniste et rigoureuse ; ShowroomDummies confirmera mon ressentie.



19h30
TEACH US TO OUTGROW OUR MADNESS
(Apprenez-nous à dépasser notre folie) d’Erna Omarsdottir


Cinq poupées arborant des robes fleuries se dévoilent... ôtent leur carapace vestimentaire.

Quintuplées ne formant qu’une, expression de leur violence contenue, subie, infligée.
Miroir d’elles-mêmes, mise en abîme.
Vertèbres de la colonne, d’une simple humanité.
Saut à la corde ! Trois d’entre-elles effectuent le mouvement vers l’avant,
les deux autres vers l’arrière. Mouvement éternel...
Ou commence la folie... ?
Cherchons l’idiot qui est en nous... “ Les idiots ”, le chef d'oeuvre de Lars Von Trier,
caméra sur l’épaule.

You want to fly away to another reality, dirty little girl...

Marionnettes aux fils tirés par le destin.

Oh my God it’s absolutely amazing, it’s absolutely wonderful,
it’s too much pleasure, it’s too much pressure...

Puis elles se dépouillent de leurs “ couches ”, ces oripeaux qui les ont salies.

Un rituel s'enchaîne. Alignées, en arc de cercle, leur Teddy bear fait partie du jeu.
Une bouteille de verre rouge est l’objet de fantasmes, de perversions.
Un tirage au sort tel un “ Action ou vérité ”, amusement de potaches en quête d’effroi.
L’ourson fait office de mascotte, bouddha, bourreau et victime, icône, prétexte à leur folie.

Sisters don’t care... Do not touch my sisters...

Show me
Teach me
Touch me
Take me

Une voix off masculine...

I continue
I stop
That’s right
That’s too bad and stop

La simple condition féminine en fait ! Sans clichés ?

L’enfant est un peu comme une bande de peinture, fraîche et blanche, tracée sur la nationale 7. Pure et vierge. Peu à peu les engins mécaniques infernaux la frôlent, la coupe, la viole, la souille de leurs déjections visqueuses, pour enfin la ternir, puis la noircir.
L’écrase du poids de leur conscience ou inconscience malade, de leur musée d’inepties.
Dépouillons-nous !
Heureusement, l’enfant est un égrégor, rassemblement d’énergies, tourné vers
une indestructible croyance. LA VIE !
Mais attention, on se croit libre sur un fil d’acier, alors que l’équilibre vient du balancier !



Vendredi 27/02
14h
LA MEDIATION CULTURELLE, UNE AUTRE RELATION AUX PUBLICS


Conférence co-organisée par Spectacle Vivant en Bretagne et Le Quartz
avec la participation de Jacques Blanc, directeur du Quartz, Marie-Christine Bordeaux,
maître de conférences à l’Université Stendhal Grenoble 3/GRESEC, Agnès Izrine, auteure, rédactrice en chef du magazine “Danser“.

Citations et références publiées, de Jacques Blanc :

- L’amour c’est donner quelque chose que l’on n’a pas
à quelqu'un qui n’en veut pas-Jacques Lacan
Il ajoute qu’au début d’une “ relation amoureuse ” on vit dans le cerveau de l’autre...
C’est tellement ça ! Restons célibataires !

- Ne demande jamais ton chemin, tu risquerais de ne pas t’y perdre-Un rabbin

- L’esthétique du divers-Victor Segalen
- Testo junkie-Béatriz Préciado, (livre consultable à la bibliothèque du Quartz)
- Le spectateur émancipé-Jacques Rancière

Blablabla fort intéressant ; Un peu de masturbation intellectuelle... ?!
Le lendemain en fin d’après-midi, je rencontre Marie-Christine Bordeaux en personne, dans une aile du Quartz, pour SYLPHIDES, la représentation tellement attendue.
Elle fait allusion à son parcours, la DRAC... L’université, toutes ses nombreuses prérogatives ne lui laissent que trop peu de temps pour fréquenter les lieux culturels.
Aussi, elle se délecte à Antipodes !

Samedi 28/02
13h30
NOUSTUBE#2 par Jörg Müller


L’homme aux branchies, pieds et mains palmés.
Jörg l’Allemand, ondououououle son corps entre les bulles d’un aquarium cylindrique !
Tube à essai de nous entuber de jour comme de nuit !



14h30
JE BAISE LES YEUX de Gaëlle Bourges, Alice Roland, Gaspard Delanoë, Marianne Chargois


Hilare, face à Mlles Gaëlle, X, Blaise et ce crétin de Chabot !
Et je baise l’amour pour faire comme tout le monde car je ne suis qu’une crevure !



17h
CHANDELIER de Steven Cohen


Steven Cohen Le Magnifique entre dans la lumière.

Deux halos blancs superposés, dont un au contour jaune soleil.
Le bel échassier, le flamand rose. Les cliquetis de sa robe de verre et de fer résonnent.
Reflets scintillants et ombre chinoise sur l’écran du fond de scène.
Un fil tendu le tir dans les airs. Triptyque, un astre entre deux cercles lumineux.
Le chandelier s’allume au son d’un air d’opéra, sorte de chant de Noël, de choeurs d’hommes.
Feu d’artifice de prismes !
Il rend hommage aux spectateurs, à travers des regards bienveillants.
Escalade les gradins sur ces hauts talons drag qeenniens, avec cette élégance…
Forte respiration et soupirs. Le chemin de croix est interminable.
Au sommet, ailes déployées, il est Icare...
Il nous abandonne, marchant à reculons vers la sortie.
L’immense écran ouvre ses yeux.
Homeless people of Newton. Bidonville de Johannesburg, 2002.
Rencontres de deux entités paradoxales.
Un homme se frotte le sexe contre les genoux de l’extra-terrestre. Il met en avant un calendrier pornographique, sur lequel une femme exhibe son clitoris démesuré.
Une femme lui attrape les mains, ils dansent. Un autre veut le bastonner.
Querelles ! WELCOM est tagué sur un mur. Steven déambule entre les immondices, bidons, bâches... Total foutrac comme dirait l’autre !
Le film devient sépia. Des polyphonies yiddishs (je pense), m’émeuvent.
La nuit tombe sur le ghetto aux fils barbelés. La quadrichromie est à nouveau de rigueur.

- He is like Jesus, a ghost !
Dit une femme au cameraman.



18h30
SYLPHIDES de Cécilia Bengoléa, François Chaignaud et Emma Kim Hagdahi.


En haut des marches de la Salle de répétition, les derniers spectateurs se ruent.
Nous étions quelques malheureux, chanceux de bénéficier de contremarques numérotées (billets d’attente) ou billets boucherie, les nomme François, assistant à l’accueil
et aux relations publiques !
Sans avoir la certitude de pouvoir rentrer !

N°3 ! Asha Thomas. N° 4 ! Ma pomme. N° 5 ! Marie-Christine Bordeaux.

- Vous faites certainement partie des VIP, dit une grande dame brune (qui ne venait pas
du jardin des Batignolles), mon N° est le 7 !

- Asha Thomas is a star from New York, dis-je, honorée d’être à ses côtés !
Fébriles, nous attendions le verdict des ouvreurs.

- Puis-je supprimer deux ou trois spectateurs ?!

- Je ne prendrais pas beaucoup d’espace, vous savez... !

Miracle de la vie ! Let’s go pour l’exploration chorégraphique !

Prouesse de spectatrice ! Assise sur une marche, sur une fesse, dans toutes les positions, afin de ne pas manquer une miette ! Mais que font tous ces gens autour de moi ?
Mais qu’ils s’en aillent !

Je n’ai pas les mots, c’était énorme !
Cette opposition, de gisants à leur grandiose renaissance...
À travers une belle résilience.
Une échappé belle au rythme d’une musique légère.



Mercredi 04/03
20h30
MY SPACE d’Olivia Grandville
La carène


360 spectateurs sur les gradins ! Côté jardin, plein les mirettes et les ouïes !
Sensualité, belle plastique, captation des gestes, traduit par l’électro-acoustique.
La vidéo du “ bayadère lumineux ” projetée, est transcendantale !



Vendredi 06/03
18h
THE RED LETTER d’Asha Thomas


Beauté, fraîcheur, sensualité, puissance, volonté, détermination, rage, douceur...
Une reine parmi les roses.
Asha, mon coup de cœur, merci de t’être prêtée aux questionnaires... !



Samedi 07/03
18h
GUSTAVIA de et avec Mathilde Monnier et La Ribot


Deux blondes jumelles, pleureuses, toutes de noir vêtues, glissent, sautillent, dérapent sur des tissus moirés, de même couleur. Chiots puis louves. S’affrontent, se vengent, portent leur croix. Grenouilles au son de trombes d’eau, de cascade.
Exhibition, pushing ball, combat sur un ring, pied dans un sceau et entonnoir sur la tête.
Elles grimpent sur des tabourets, s’accrochent aux rideaux et deviennent poules.
Apologie et dénigrement burlesque de la femme, de l’art contemporain.



18h
RETROSPECTIVE EXHIBITIONIST de Miguel Giutierrez


À OILP ! Aux belles fesses galbées. Il installe,
, réinstalle sa vie, son art.
L’image, de l’image de son image sur la vidéo... Comme “ Dans la peau de John Malkovitch ” de Spike Jonze, j’ouvre une porte et me retrouve dans la tête de Miguel !
Il est beau, effrayant, grave, cabotin, clownesque, mazo... Il danse, chante, murmure,
hurle sa souffrance. Il est.



21h50
HALF LIVE
Une exposition des étudiants de “L’Atelier de recherche ETATS DU CORPS”


J’assiste à la performance de Yann Boucheron, intitulée Faune, 2009.

J’ai envie de la nommer DECORPSTICAGE.
Une caméra est braquée sur un humanoïde glabre dans une boîte, une cage vitrée.
Les traces de ces mains, mêlées au maquillage dont son corps entier est recouvert,
restent en suspend. Sur le vert verre embuée, par le souffle de sa souffrance.
Au son de battements de cœur.
Il se contorsionne, comme en pleine mutation.

- Bonsoir Oscarine !



SELF&OTHERS d’Alain Buffard

Bouquet final rime avec génial. Que puis-je ajouter de plus… !
Voilà, il se fait tard... c’était l’histoire de Balthazar, au revoir !