ALAIN BUFFARD
SELF&OTHERS
© Marc Domage
JEU 5 à 21h, VEN 6 à 22h, SAM 7 MARS à 22h.
MÉRIDIENNE
Tarif > PASS ANTIPODES 35€ ou tarif unique 8€
Durée estimée 1h
conception et scénographie Alain Buffard
matériaux, fabrication et interprétation Cecilia Bengolea, François Chaignaud, Matthieu Doze, Hanna Hedman
lumière Thalie Lurault
direction technique Christophe Poux
Self&others ou le jeu de l’autoportrait… En complicité avec quatre danseurs performeurs habitués d’Antipodes, Alain Buffard chorégraphie son nouvel opus en forme d’autoportraits croisés.
Chacun est arrivé sur le projet muni de son minimum indispensable, son kit de survie : un air qui trotte dans la tête, une lecture ancienne. Ce qu’on croit être est toujours mieux représenté par ce qu’on n’est pas soi-même - chacun le sait aussi depuis l’enfance : une poupée miniature, le fétiche d’un amour défunt, un rideau douche, une chanson, un livre - tout ce bric-à-brac qu’on trimballe avec soi. Au propre comme au figuré.
Self&others renvoie chacun au regard de l’autre. À ce que l’autre fait à chacun. À chacun comme à soi-même. Soi-même comme un autre.
Mon premier est une chanson libertine. Mon deuxième, une chevauchée de la vanité. Mon troisième, un manifeste. Mon quatrième est un kit de survie. Et le tout ? Moi - sans les autres ? Moi - et les autres ? Pas si simple. Tel est le jeu de l'autoportrait. Il s'agit de laisser paraître, par touches successives, celui ou celle qu'on croit être. Pour soi-même ? Pas sûr, mais pour soi-même comme « pour les autres » - assurément.
Dans ce projet, comme ailleurs, chacun, « chaque soi », est arrivé muni de son minimum indispensable. En l'occurrence : un air qui trotte dans la tête, une lecture ancienne, ou ce discours sans auteur quand on faisait philo en classe de Terminale. L'idée était de travailler avec ça et voir ce qui allait advenir de la rencontre, dans la juxtaposition et la confrontation. Ça passe, ça coince, ça crisse. Ça (se) froisse.
On connaît la vanité de l'instantané. Ce qu'on croit être est toujours mieux représenté par ce qu'on n'est pas soi-même : une poupée, le fétiche d'un amour défunt, un rideau de douche, une chanson - tout ce bric-à-brac qu'on trimballe avec soi. Au propre comme au figuré. Ils nous identifient pour autant que nous acceptons de nous reconnaître en eux. L'autoportrait ne se passe pas de la médiation. Telle est son ambiguïté délicieuse. On ne fait jamais son portrait pour soi seul. On ne saisit soi-même qu'en se donnant au regard des autres. Mais alors on n'est vraiment saisi qu'au contact des autres auxquels nous réagissons et qui réagissent tout autant à nous-mêmes.
Self&Others renvoie chacun au regard de l'autre. A ce que l'autre fait à chacun. A chacun comme à soi-même. Soi-même comme un autre. A l'épreuve de l'autre, au contact des autres. Dans ce battement indécidable se joue l'aventure du portrait, jeu faussement solitaire qui attend l'heure de son partage.
Alain Ménil (extraits)
Alain Buffard commence la danse en 1978 avec Alwin Nikolais au Centre national de danse contemporaine d'Angers où il poursuit sa formation avec Viola Farber en 1982. Il danse notamment auprès de Brigitte Farges, Daniel Larrieu et Régine Chopinot. Parallèlement à son parcours d'interprète, il devient assistant à la Galerie Anne de Villepoix. Il est aussi correspondant entre 1990 et 1992 pour deux quotidiens norvégiens pour lesquels il couvre l'actualité des arts visuels en France. En 1996, il fait deux rencontres déterminantes : Yvonne Rainer lors de la réactualisation de sa pièce Continuous project-altered daily par le Quatuor Albrecht Knust et Anna Halprin avec qui il travaille en tant que lauréat de la "Villa Médicis hors les murs".
Il présente dans les années 80 Riposte et Pôle à pôle avec Marie-Christine Georghiu accompagnés par les Rita Mitsouko, Les Maîtres Chanteurs de Wagner mis en scène par Claude Régy, puis dans les années 90 une séquence du long-métrage Disparus de Gilles Bourdos, Good boy, lNtime / EXtime - MORE et encore, et dès 2000* Good for…, Dé-marche, Mauvais genre et Les inconsolés notamment.
Par ailleurs, Alain Buffard a réalisé deux films : Des faits et des gestes défaits en 2001 et My lunch with Anna quatre ans plus tard. Alain Buffard a été co-commissaire avec Larys Frogier de l'exposition Campy, vampy, tacky au centre d'art contemporain La Criée à Rennes (2002) et a réalisé une exposition Umstellung- Umwandlung (2005) au Tanzquartier à Vienne. En 2007 il crée (Not) a Love Song (avec Miguel Gutierrez, Vera Mantero, Claudia Triozzi et Vincent Ségal). En 2008, il réalise EAT, une installation vidéo avec Sébastien Meunier et présente sa nouvelle création Self&Others.
* Alain Buffard a créé Dispositifs 3.1 aux Antipodes’01 et présenté Wall dancin' - wall fuckin' (Antipodes’03) et (Not) a Love Song (Antipodes’08)
WWW.ALAINBUFFARD.EU
production PI :ES
coproduction La Ménagerie de Verre, L’échangeur - Fère en Tardenois, CDC Uzès danse
PI:ES reçoit le soutien de la DRAC Ile-de-France, Ministère de la Culture au titre de l’aide à la compagnie conventionnée
ALAIN BUFFARD
MY LUNCH WITH ANNA
SAM 7 MARS à 16h.
vidéos - 2005. Durée 58mn
GALERIE DU QUARTZ
Entrée libre
réalisation Alain Buffard
avec Anna Halprin, Alain Buffard, Sherwood Chen, Lesley Ehrenfeld, Karl Gillick
directeurs de la photographie Brett Rogstad , Jesse Oliver
preneurs de son Allie Sultan, Juliana de Brés
chef machiniste Francis Crossman
montage Alain Buffard, Christophe Bargues
assistante à la production et mise en place des repas Rana Stewart
producteurs délégués Tanguy Accart, Hélène Joly
assistante de direction et producteur exécutif (USA) Terre Unité Parker
Depuis 1995, date à laquelle Alain Buffard rencontre et collabore pour la première
fois avec Anna Halprin, le chorégraphe français n'a cessé de revenir vers cette figure
tutélaire de la modernité en danse américaine. Ni film de danse, ni simple
interview, My lunch with Anna est un portrait et un dialogue performé où le geste
joint la parole. Au rythme de cinq déjeuners tournés à San Francisco, Alain Buffard
interroge Anna Halprin sur ses processus de travail, ses expérimentations sur le
mouvement et sur le geste quotidien - la fameuse notion de "task oriented"
que l'on peut traduire par tâche, qu'elle a la première introduit dès la fin des
années 50.
Un dialogue entre deux artistes de deux générations différentes, où l'exercice de
l'entretien laisse la place à une parole qui se livre pudiquement et révèle deux
êtres profondément attachés à la vie. Un film qui ouvre l'appétit.
production PI:ES
avec le soutien de Association Française d'Action Artistique, Villa Médicis-Hors les murs,
les Consulats
de France à San Francisco et New York, Le Fresnoy - Studio national des
Arts contemporains, The San Francisco Art Institute et le Centre Pompidou (Paris)